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Michel Larroche

OR MUSSIF. RECETTE N° 3.

Domaine : Minéral
Broyage : Selon recette.
Détrempe : Selon recette.

Manuscrit source : Illuminier Buch
Auteur : VALENTIN BOCH VON RUFFACH

RECETTE DE LA COULEUR DE POURPRE1.
Il y a une autre sorte de jaune artificiel, qu'on nomme or mussif ou couleur de pourpre. Voici comme on le fait. Prenez une partie d'étain, faites-la fondre et jetez dessus une partie de vif-argent, ôtez du feu aussitôt, broyez avec du vinaigre et quelques grains de sel commun, lavez à l'eau pure froide ou chaude, jusqu'à ce que l'eau que vous verrez s'écouler soit parfaitement claire et débarrassée de sel ; remettez ensuite la matière au feu et faites l'y fondre, puis mettez-la sur le marbre. D'autre part, prenez de soufre vif2 pur et net comme l'ambre, une partie ; de sel ammoniac une partie ; broyez et mêlez en perfection, puis portez la matière avec votre précédent mélange de 
mercure et d'étain. Mêlez de façon à ne faire qu'un corps, qui sera noir comme le charbon. Vous aurez ensuite un vase de verre en forme de bouteille avec un goulot large et court, de grandeur telle que, la matière une fois versée dans ce vase, ce qui restera de vide soit la moitié au moins. Il faudra enduire ce vase de bonne argile, bien mélangée de fumier d'âne et de débris de tissage qu'on trouve chez les drapiers. L'enduit sera de l'épaisseur d'un doigt, et ne s'étendra qu'à la partie du vase occupée par la matière versée. Cette matière donc y étant mise, placez le vase sur un fourneau à trous, de manière qu'il y soit enfoncé jusqu'à hauteur de l'enduit intérieur; ne souffrez pas de vide entre3 le vase et le bord du trou, bouchez ce qui se trouvera d'interstice avec des 

cendres trempées d'eau. Allumez dessous un petit feu pour commencer, de bois de saule, de roseaux4 ou de quelque autre semblable ; allez en l'augmentant un temps plus ou moins long, jusqu'au moment que je vais vous dire, ce qui sera au bout de neuf heures environ. Le vase devra être fermé d'une pierre plate, que vous ôterez à volonté. La matière sous l'action du feu rendra d'abord une fumée noire, puis blanche, puis mélangée; de temps en temps, levant le couvercle, vous introduirez un bâton, que vous aurez soin qui soit net, non pour remuer la matière, à laquelle il ne faut pas qu'il touche, mais pour éprouver l'opération: car quand vous verrez paraître sur ce bâton, des parcelles d'or, c'est signe qu'elle est finie. Vous éteindrez le feu, vous laisserez refroidir. Pour avoir le produit il faudra briser le verre, vous en ferez ensuite l'usage qu'il vous convient. Les Experimenta mesurent ainsi la composition de cette couleur. Une once d'ammoniac, une once de vif-argent, une once de soufre vif, une once d'étain.

Notes :
1- Pourpre.
Ce pourpre n'est pas ce que nous appelons de ce nom. Pierre Lebrun le définit comme un jaune qui imite la couleur d'or. 

2- Sulphur vivum
3- Le manuscrit donne « in tuas », Salazaro corrige en « internas », Lecoy de la Marche en « intus », le sens appelle « inter ».

4- Cannis. Je suis le texte de Salazaro. 
Autre manuscrit source :Experimenta de coloribus (Jehan Le Bègue).
Manuscrit dont sont tirées les recettes : L'Art d'Enluminure Traité du XIVe siècle, traduit du latin avec des notes tirées d'autres ouvrages anciens et des commentaires par Louis Dimier.

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